Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 15:04

Le FRAC Centre a prêté des dessins de Paul Andreu, Claude Parent, Frédéric Borel, Coop Himmelb(l)au, Peter Eisenman, Antti Lovag, Jean Renaudie, Bernard Tschumi, UnStudio, Alisa Andrasek à l’ESA (Ecole spéciale d’architecture) pour une exposition du 17 mars au 18 avril 2014.


L’invention du projet, croquis d’architectures, présente 13 dessins de 10 architectes sur un grand plateau horizontal multipli, écrin brut pour les croquis ainsi encadrés et protégés.


13 chaises Basel Chair Vitra de Jasper Morrison sont installées autour de la table, comme une invitation à déguster le graphisme architectural, tandis que la scénographie est complétée par 8 dessins exposés verticalement, productions de la plasticienne Elvire Bonduelle.


Le contraste est amusant, où les dessins d’architectes, exposés à l’horizontale, sont des croquis rapides rendant compte d’une idée à grands traits expressifs, et où les dessins de l’artiste Bonduelle sont construits à la règle et rendent compte d’une idée architecturale rigoureuse.


Où l’artiste s’exprime par un langage graphique architectural, et où les architectes sont plasticiens, artistes.


Alors que les dessins de Bonduelle sont reçus avec la distance habituelle qu’implique la verticalité de l’accrochage muséale, les croquis d’architectes sont exposés de telle sorte qu’avec les chaises installées autour de la table, on puisse s’imaginer soi-même s’installer pour prendre un crayon et dessiner dans les mêmes conditions que l’architecte chez lui ou dans son agence.


Certains dessins sont abstraits, tels ceux de Borel et de Coop Himmelb(l)au, d’autres réalistes tel une vue d’escalator de Roissy par Andreu crayonnée façon rough, et d’autres encore, premiers croquis de projets, plus ou moins annotés, plus ou moins chargés de repentirs, sont impressionnants de justesse lorsque l’on connaît le résultat, plusieurs années plus tard : Folies de Tschumi, maison bulle de Lovag…


Rendez-vous à l’exposition de l’ESA, 254 boulevard Raspail 75014 Paris, jusqu’au 18 avril 2014, c’est gratuit et ça vous fera du bien de bouger un petit peu.

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Vendredi 7 mars 2014 5 07 /03 /Mars /2014 17:12

Ruez-vous à l’exposition Claude Courtecuisse, jusqu’au 12 mars 2014 à l’Atelier GH, 38 rue de Malte à Paris dans le 11e.


Injonction justifiée par le fait qu’il s’agit là de la dernière exposition dans ce lieu, qui déménage (ils ne nous disent pas où !), et par le fait que Courtecuisse fut enseignant jusqu’il y a peu, et même co-directeur de l’Ecole Camondo dans les années 1990.


Courtecuisse, c’est le designer d’objets des années Prisunic, jaunes, oranges ou rouges, c’est l’auteur de Dis-moi le design, petit ouvrage d’introduction aux notions liées à l’histoire et à la conception du design, c’est le créateur et photographe d’Un léger déplacement dans l’ordre des choses, et de Détours d’objets, on en oublie.


Là c’est le dessinateur d’axonométries imaginaires au fusain, à partir d’architectures emblématiques de l’histoire des classicismes français et italien, ou encore d’une Tour de Babel interprétée d’après Bruegel et autres grands maîtres de la Renaissance.


Courtecuisse est un maniaque : ses dessins sont d’un format impressionnant, déjà une performance, mais les réaliser au fusain, c’est de l’ordre du record sportif. On cherche en vain la trace, la tache, qui salit en principe n’importe quelle image au fusain, là non.


On sait que le moindre de ses dessins lui prend des semaines entières, sans compter les recherches documentaires qui précèdent, et les croquis préparatoires.


Mais ce qu’il y a de bien surtout chez Courtecuisse, c’est le sens de l’humour :


Ses images sont bourrées de références, et il nous amuse en s’amusant à multiplier les clins d’œil à l’histoire de l’architecture et à l’histoire de l’art; avec ses objets détournés, c’est la même chose; avec Dis-moi le design, il s’adapte à un public le plus large possible, et ne se prend pas au sérieux, ce qui est notable pour un designer.


Ruez-vous à l’exposition Claude Courtecuisse, jusqu’au 12 mars 2014 à l’Atelier GH, 38 rue de Malte à Paris dans le 11e, vous y verrez les fusains d'un des vrais barbus du design français.

Par jaimepasledesign.com - Publié dans : Arts plastiques
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Lundi 6 janvier 2014 1 06 /01 /Jan /2014 09:41

On nous a emprunté durablement un livre à la bibliothèque de l’école Camondo, cela arrive parfois, comme dans toute bibliothèque, mais la disparition de celui-là nous surprend.


Il s’agit du livre d’Alexandra Midal : Design, introduction à l’histoire d’une discipline.


Ce petit bouquin est qualifié par l’auteure d’histoire simple, courte et accessible du design, forcément incomplète. Incomplète, ça c’est sûr, mais plutôt que synthèse ne s'agit-il pas d'une tentative de vulgarisation ?


Alexandra Midal, Anne Bony francophone ?


Tony Côme, dans la conclusion de son article critique diffusé sur le blog nonfiction.fr conseille aux lecteurs d’emporter ce livre le temps d’une virée dans le métro pour le lire vite, aussi vite qu’il a été écrit.


Si l’emprunteur ne nous le rend pas, nous le rachèterons cependant, car cet ouvrage nous manque dorénavant que nous détenons, sauf erreur, le reste de l’ensemble de l’œuvre éditorial d’Alexandra Midal.


Est sortie en 2013 une compilation signée Midal : Design, l’anthologie, 1841-2007.


L’auteure a passé un cap important d’une introduction à l’anthologie, d’un article indéfini à un article défini (tif ?), pour un titre qui rend la lecture de l’ouvrage forcément indispensable.


Le Design se niche tout d’abord dans la conception même de l’ouvrage :


L’objet est épais comme un tome du petit Robert, 543 pages tout de même, mais surprend par sa légèreté, due à une approche durable du métier d’éditeur par l’utilisation d’un papier recyclé. Très bien. Et lorsqu’on l’ouvre, les marges sont si larges et le corps de la typographie si important qu’on est tout de suite rassuré sur la possibilité de lire ce livre malgré un emploi du temps chargé. Très bien encore.


Dans son introduction, Alexandra Midal indique avoir commis là un ouvrage sans précédent. Il est vrai que La critique en design, contribution à UNE anthologie, textes rassemblés par Françoise Jollant-Kneebone se présentait modestement comme une contribution à une anthologie, et non comme L’anthologie, l’unique, la vraie, La Midal, ou encore Le Midal, comme on dit Le Neufert, Le Larousse, etc.


Reconnaissons que l’intention de participer, en rassemblant des sources historiographiques, à la fondation du design en tant que discipline autonome, est légitime, et que la lecture de ces sources ne peut pas faire de mal.


Reste à les analyser, un de ces jours.

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Lundi 2 décembre 2013 1 02 /12 /Déc /2013 12:25

Le format de fichier libre STL, utilisé pour la modélisation et l’impression 3D est-il l’équivalent de ce que le format MP3 fut à la musique ?


L’industrie de l’objet est-elle par conséquent vouée à s’effondrer à cause d’une concurrence consécutive aux développements de nouvelles technologies ?


Dit autrement, Darty va-t-il bientôt fermer ses boutiques d’électroménager, comme le font les Virgin et autres Fnac dans le domaine du son ?


Ces magasins n'ont pas besoin des FabLab pour disparaître à grande vitesse, pour le moment pour des raisons autres qu'une baisse de consommation. Les marques privilégient désormais la vente en ligne, qui permet, parmi d’autres avantages économiques et financiers, des économies drastiques de leur masse salariale et une centralisation efficace et plus rentable des stocks;

et si la grande majorité des consommateurs possède son ordinateur ou un accès aisé à internet, personne ne possède en revanche à ce jour son FabLab à domicile.


L’objet industriel de série a donc un avenir encore assuré, au contraire de la production musicale, et si pour un investissement très limité il est aujourd’hui possible de produire du son et de le diffuser, il n’en va pas encore de même pour la production, la reproduction, et la diffusion d’objets.


Pourtant, une nouvelle typologie de boutiques de services se développe, les FabLab, et il est possible désormais d’imaginer que dans un avenir proche, avec en poche un modèle virtuel dans une clé USB par exemple, on se rende dans le FabLab le plus proche de son domicile faire imprimer en 3D l’engrenage cassé du moulin à café électrique, l’abat-jour dessiné par le petit neveu qui fait les arts appliqués, et autres branches de lunettes hors de prix chez l’opticien.


Pour le moment, les FabLab sont portés par une idéologie du partage d’information et de l’échange, aux antipodes du modèle économique capitaliste qu’ils seraient amenés par conséquent à concurrencer s’ils se développaient.


Ce mode de production et de consommation était de l’ordre de l’utopie il y a seulement quelques années ; il devient réalité pour quelques spécialistes et autres prototypistes aujourd’hui, mais pourrait bien se développer aussi rapidement que la crise financière et le chômage n’en finissent pas de se résorber.


Les principes de gratuité et d’échanges rendront-ils caduque la législation sur le droit d’auteur, comme cela le devient pour la production cinématographique et musicale ?


Et caduques aussi, c’est-à-dire disparues, les marges bénéficiaires des actionnaires de l’industrie ?

Par jaimepasledesign.com - Publié dans : Design
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Lundi 4 novembre 2013 1 04 /11 /Nov /2013 10:07

Nicolas Pottier, Secrétaire de la Conférence des avocats au barreau de Paris, signe, dans Libération du 30 septembre 2013, un article intitulé L’injuste erreur du menuisier.


Dans cet article apparaît le terme d’Architecture intérieure, et cela est si rare dans la presse quotidienne nationale que ce simple fait méritait d’être signalé.


Le titre de l’article fait référence à un bon mot partagé depuis entre avocats :


Vincent de Moro-Giaffredi, avocat de Landru, Caillaud, et autres grandes affaires criminelles, est l’auteur de l’interpellation suivante : « Monsieur l’avocat général, je vous prie de ne point oublier que si, dans cette enceinte, vous vous trouvez assis à votre siège de Ministère Public, à même hauteur que Monsieur le Président en son fauteuil, vous ne le devez qu’à une erreur de menuisier ».


Cette saillie préfigurait un débat plus contemporain, au Sénat, le 16 avril 1997, où fut rejeté un amendement visant à engager des travaux dans les Tribunaux pour faire redescendre le Parquet à la hauteur du Barreau pour restaurer l’égalité des parties ; l’amendement sera rejeté.


Le débat reprend via la Cour d’appel de Paris, dans un arrêt du 4 avril 2001 où la 11e Chambre a considéré, suite à une plainte, que ce déséquilibre physique n’était pas suffisant pour obliger à réaménager l’ensemble des salles d’audience des Palais de Justice de France.


daumier.jpg


C’eut pourtant été de bon augure contre la crise du bâtiment et le chômage des architectes d’intérieur : imaginons une réhabilitation de l’ensemble des lieux où se rend la justice… Trop cher, et symboliquement, politiquement, révolutionnaire.


Pourtant, des arguments existent pour ces transformations :


Le Ministère public désignant le magistrat qui à l’audience représente la société est appelé couramment Parquet, ou anciennement Magistrature debout, car à l’origine (1) le magistrat prononçait ses réquisitions debout sur le parquet, tandis que les juges restaient assis, que l’on désignait sous le nom de Magistrature assise, ou juges du siège.


Mais l’architecture intérieure des salles d’audience a évolué vers une position symboliquement mais bien concrètement surélevée du magistrat, comme en témoigne la gravure de Daumier ci-dessus, raison pour laquelle les avocats parlent d’erreur du menuisier, et regrettent que l’architecture intérieure des salles d’audience ne respecte pas, de fait, l’article préliminaire du code de procédure pénale et l’article 6 de la Convention européenne des Droits de l’homme, qui recommandent l’égalité de traitement entre défense et partie civile.


Si l’histoire de l’architecture des palais de justice est assez bien documentée (2), reste sans doute à bâtir une histoire de l’architecture intérieure des lieux de justice.


Et aux architectes d’intérieur voire aux designers à s’emparer des programmes de Parquets, de Chambres, et d’Assises et autres Sièges.

 

morogiaffredi.jpg

Vincent de Moro-Giaffredi

 

 

 


1-Il s’agit d’un abus de langage ou peut-être d’une mauvaise interprétation du terme Parquet par les avocats suiveurs de Moro-Giaffredi, puisque le mot vient du Parc, petit enclos qui délimitait, au Moyen-âge, les tribunaux de plein air. On peut se demander si la revendication de la défense, par conséquent, et bien que légitime, n’est pas le fruit d’un malentendu etymologique.

2-Voir La justice en ses temples, ouvrage collectif, coédition Brissaud-Errance, 1992, et le numéro 265, mai 1995, de Architecture intérieure créé : Construire pour la justice, pp. 42-145

Par jaimepasledesign.com - Publié dans : Architecture intérieure
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Citation du mois

ALAINCADIX

 

C'est le design qui fait le lien, qui est l'engrenage entre la technologie et l'usage, et qui ajoutant la part d'imaginaire, rend les objets désirables.

 

Alain Cadix, ancien directeur de l'ENSCI, rapporteur de la Mission Design lancée par les ministères de la culture et du Redressement productif en 2013, dans  Mémoire pour une politique nationale du design, octobre 2013 

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